Qu’en est-il du littoral haïtien ?

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Par Jabin PHONTUS

Comme tant d’autres pays, Haïti possède une richesse exquise et particulière.

Occupant le tiers occidental de l’île, Haïti couvre une superficie terrestre de 27 750 km2 (soit 36 % de l’ile).  Il faut en considérer les 39 000 km2 de mer qui s’associent aussi pour définir le territoire. Le pays partage à l’Est une frontière de 360 km avec la République Dominicaine. Au Nord, l’océan Atlantique baigne l’île de concert avec la mer des Caraïbes au Sud.  De part sa superficie, Haïti (l’île) est classée la deuxième plus  grande après Cuba dans la Caraïbe. Le littoral haïtien qui s’étend sur une longueur de plus de 1500 km, est sujet à de très nombreuses menaces. Ce milieu, on constate, est laissé aux assauts de l’exode rural. Avec l’accroissement de la population, le déplacement des gens vers les littoraux est considérable. Relevé du domaine public de l’Etat, il n’existe aucune gestion adéquate de ces espaces jusqu’à date. La plupart des côtes protégées par les mangroves sont pris pour cibles. Ces plantes ligneuses sont utilisées pour le charbon de bois et matériaux de construction. Pourtant elles fournissent à certains animaux aquatiques des habitats et représentent un atout contre l’érosion des côtes. Suite à cette destruction s’ajoutent des abris non réglementés formant une agglomération. Le littoral est vu comme le site de déchet de toute sorte affectant l’écosystème marin. Une pèche artisanale non contrôlée est pratiquée mettant en dérive les ressources halieutiques. Le flux d’objet plastique venant de toute part sillonne les côtes. L’érosion des bassins versant dû à l’abatage des arbres détruit les récifs coralliens. On assiste à une dégradation fastidieuse résultante de l’action anthropique.

Un capital non exploité

Le pays possède une source économique de plus grâce à cette grande ouverture sur l’horizon de la mer. Sa couverture marine habite environ 12 000 espèces de poissons. Il en existe  10 000 espèces de végétales marines appropriées pour l’industrie pharmaceutique. Les littoraux offrent un champ d’activité assez vaste et rentable pour contribuer à l’autonomie financière. La pêche est une filière prometteuse mais culturellement vue comme une activité marginale. En plus de la perception dégradante vis-à-vis  de cette pratique, il n’y a pas d’encadrement technique et socioéconomique pour les pêcheurs. Plus de 52 000 familles vivent régulièrement de la pêche, dont 12 000 marchandes de façon indirecte et environ 7 000 « madan sara ». La production halieutique est estimée à plus 15 000 tonnes par an soit moins de 50% de la demande locale. Le pays importe  plus de 16 000 tonnes par an pour couvrir la demande locale et exporte 800 tonnes. Ayant une capacité de production pouvant doubler la quantité annuelle, ce secteur génère environ 130 millions de dollars USD par an. Au fait, s’ajoute le tourisme qui représente une source de revenu incontournable. Le littoral haïtien naturellement est sujet de convoitise de par ses eaux tropicales et la beauté du paysage malgré tout. L’industrie touristique est une filière importante dans l’économie des pays de la Caraïbe. En 2011, ce secteur a généré 23,9 milliards de dollars  dans la zone. En 2015 pour Haïti, sa contribution au PIB du pays est de 3.5% avec 4 169 emplois directs. En 2016 un apport de 504 millions de dollars USD est enregistré dans la balance économique du pays grâce à ce secteur. Mal entretenu, le littoral haïtien a la capacité de dynamiser l’attraction touristique du pays. Pour y parvenir, il faut bien l’application d’un plan de développement pour sa mise en valeur. Avec ses côtes, le cabotage peut procurer des emplois et favoriser le déplacement sur tout le territoire.

On n’en pense pas

L’opportunité qui s’offre au pays sur toute la longueur de son littoral n’est pas encore sur la table des décideurs. Avec un taux de chômage qui varie entre 50  et 70 %,  l’exploitation de ces ressources est nécessaire. Une politique de développement durable pour nos côtes affecterait positivement le système économique. Cela permettrait de créer beaucoup plus d’emplois par la pluralité d’activités  pour aboutir à la baisse du taux chômage. Avec 0.6% du budget de l’année fiscale 2019-2020 alloué au ministère de l’environnement cela ne rassure point. La menace environnementale presse encore plus et le littoral n’est pas épargné.

Le désastre qui suit n’en fait pas d’exception à la règle mais qui pense à quoi pour le bien être de ce pays ?

Pour faire suite

L’inquiétude qui se pose pour l’agriculture haïtienne autour de cette crise sanitaire que le monde connait aujourd’hui sera sujet de nos prochains écrits…

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